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Bureau des histoires interactives
28 février @ 14h00 - 18h00 Bureau des histoires interactives Kmi_House 1 rue du château, Château-Renault Ce samedi 28 février l'association Au Poirier Savant sera de nouveau chez Kmi_House pour présenter des jeux […]
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Plus d'informationsKmi_House,
1 rue du château
Château-Renault, 37110
+ Google MapChâteau-Renault, 37110
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La pièce est plus bruyante que d’habitude.
Les tables ont été rapprochées, les chaises déplacées sans réelle symétrie, et les voix circulent d’un groupe à l’autre comme si les murs eux-mêmes avaient décidé de participer à la conversation.
Je m’installe à distance raisonnable — assez près pour percevoir les échanges, assez loin pour ne pas les influencer.
C’est là que je le remarque.
Un enfant.
Assis légèrement en retrait.
Pas isolé — simplement décalé.
Il ne parle presque pas.
Ses mains restent posées sur la table.
Ses yeux suivent chaque mouvement, chaque mot, chaque décision prise par les autres. Il absorbe.
Il enregistre. Il semble attendre quelque chose que personne n’a encore formulé.
Les autres jouent.
Lui observe.
Je reconnais cette posture avant même de comprendre pourquoi.
Lorsqu’un dé roule, il ne réagit pas immédiatement. Mais son regard change — subtilement — comme si l’événement avait déplacé quelque chose en profondeur plutôt qu’en surface. Ce n’est pas spectaculaire. Personne ne le remarque. Pourtant c’est là.
Un souvenir se glisse alors sans prévenir.
Une autre pièce.
Un autre groupe.
Le bruit autour.
Et cette même position périphérique.
Je ne cherche pas à analyser l’image. Elle s’impose avec la netteté des choses qui n’ont jamais vraiment quitté leur place. Observer plutôt que participer. Comprendre avant d’exister dans l’échange.
Je reste silencieux.
L’enfant finit par parler. Une phrase courte.
Presque hésitante.
Le groupe s’ajuste immédiatement — sans effort, sans mise en scène — et l’intègre au déroulement.
Rien d’extraordinaire, mais la modification est réelle. L’espace s’est ouvert.
Je ressens alors le poids du bagage sur mon épaule d’une manière nouvelle.
Pas gênant.
Mais indéniable.
Je ne l’ouvre pas.
Je sais déjà qu’il contient désormais plus que des fragments.
Je reste jusqu’à la fin.
Nous vous attendons à la boutique Kmi_House pour tester des jeux ! Thématique les dès !!
La pièce était calme, mais pas silencieuse. Les respirations s’accordaient sans qu’on le décide.
Une lampe diffusait une lumière trop jaune, presque fatiguée.
Je pensais encore que les émotions troublaient la vérité. Qu’elles rendaient les choses moins nettes, moins fiables.
Je préférais ce qui était stable.
Puis quelqu’un a parlé.
Sa voix a vacillé, à peine. Ce n’était pas spectaculaire. Juste un léger décalage entre ce qu’il disait et ce qu’il semblait ressentir.
Et ce décalage a fait apparaître quelque chose que je n’avais pas prévu.
Ce n’était pas une erreur.
Ce n’était pas une faiblesse.
C’était plus… vivant.
Je me suis surpris à écouter autrement.
Pas pour corriger. Pas pour analyser.
Juste pour rester.
Mon bagage était posé au sol. Je l’ai effleuré du pied.
Je n’ai rien ajouté consciemment.
Mais il ne sonnait plus creux quand je l’ai soulevé.
Je traverse plusieurs lieux au fil des jours.
Des bâtiments occupés.
Des espaces fonctionnels.
Des structures efficaces dans leur usage.
Je cherche sans vraiment chercher.
Je remarque surtout ce qui n’est pas là.
Les tables où l’on invente.
Les endroits où le temps n’est pas rempli immédiatement.
Les espaces où l’on peut rester après la fin.
Ils existent, mais rarement. Et souvent loin. Comme si ces expériences étaient réservées à d’autres configurations géographiques, à d’autres dynamiques humaines.
Je repense aux moments observés autour du jeu. À ce qui s’y produisait sans être planifié. À cette transformation subtile qui ne dépendait pas de la mécanique elle-même.
Une hypothèse apparaît.
Non formulée.
Incomplète.
Quelque chose pourrait être rendu possible.
Pas créé entièrement.
Simplement rendu accessible.
Je ne développe pas la pensée.
Je la laisse reposer.
Le bagage semble plus dense lorsque je le soulève.
Je ne vérifie pas pourquoi.
Je pose le bagage au sol en rentrant.
Le geste est devenu habituel, presque automatique. Je n’y prête pas d’attention particulière jusqu’au moment où la fermeture résiste légèrement.
Rien de significatif, simplement une sensation différente de celle des jours précédents.
Je l’ouvre.
Un dé repose à l’intérieur.
Je ne me souviens pas l’avoir placé là. Je le prends entre mes doigts. Sa surface est usée sur certaines arêtes. Il porte les traces de manipulations répétées. Ce n’est pas un objet remarquable. Il n’améliore aucune performance. Il ne contient aucune donnée exploitable.
Je le repose.
Puis je remarque autre chose.
Pas un objet. Pas vraiment.
Un silence.
La mémoire d’un instant précis autour de la table — celui où personne ne parlait et où pourtant personne ne voulait partir — semble avoir trouvé sa place ici.
Je ne peux pas le tenir, ni le décrire précisément, mais il occupe un espace réel.
Je reste longtemps à observer le contenu.
Je ne sais pas déterminer ce qui importe le plus :
le dé, ou ce silence.
Je referme le bagage sans chercher à trancher.
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